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Patrimoine et architecture

Les châteaux d'Evry

18.11.2010

Si Evry nous était contée, l’histoire débuterait au site antique du village d’Eburiacos. Depuis lors, la ville n’a cessé de se transformer pour se dessiner sous les traits de la capitale de l’Essonne que nous connaissons. Evry s’est peu à peu façonnée sous l’influence de celles et ceux qui y ont élu résidence, telles les familles anoblies qui, lasses des fastes de la vie parisienne, y ont fait édifier de belles demeures en vue de profiter de l’air de la campagne.

Le château du Grand Bourg

Ce château au parc somptueux, dont on peu encore admirer les arbres centenaires, a longtemps appartenu à Alexis Revenaz. Ce riche banquier et armateur d’origine savoyarde, décida de s’en séparer et de l’offrir en mémoire de son épouse décédée, Mathilde Pastré, au Père Ratisbonne. Il émit alors le souhait en guise d’œuvre de bienfaisance que des religieuses y ouvrent un pensionnat et une école gratuite pour les enfants du village.

Théodore Ratisbonne, issu d’une famille juive mais converti au catholicisme, était justement à la recherche d’une maison pour les âmes qui, comme la sienne, se tournaient vers la foi chrétienne. Il saisit donc cette opportunité pour mener un bien son projet et c’est ainsi que la communauté des sœurs de Notre-Dame de Sion vit le jour.

Si la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise de 1905 les priva de leur droit d’enseigner, il n’en demeure pas moins que l’établissement scolaire existe toujours et compte aujourd’hui près de 1550 élèves.

Le château du Petit-Bourg

Ce site de prestige, remarquable de part son parc orné de vasques et de statues lui conférant un air de panthéon de marbre gréco-romain, a accueilli les familles nobles en mal de sites champêtres.

Conçu par l’architecte Jean-Michel Chevotet et achevé en 1646, il fut notamment la propriété de la marquise de Montespan, favorite du Roi Soleil, ou encore de son fils le duc d’Antin, qui y reçut Pierre Le Grand, Tsar de Russie.

Les monarques Louis XIV et Louis XV avaient pris pour habitude de s’y arrêter avant d’aller chasser en forêt de Sénart. La duchesse de Bourbon, née Bathilde d’Orléans, et son fils le duc d’Enghien y séjournèrent également ; cette dernière appréciant particulièrement de pouvoir se livrer à la méditation dans un lieu propice à la spiritualité.

Enfin, le riche banquier espagnol Alexandre Aguado qui fut également élu maire de la ville, acquit à son tour le Petit-Bourg en 1827. Le projet de construction de la voie de chemin de fer qui devait couper son accès à la Seine, lui fit renoncer à cette demeure qu’il affectionnait pourtant en 1840.

Des vestiges peuvent encore être aperçus au cours d’une balade dans l’enceinte du parc du Petit-Bourg.

Le château de Beauvoir

La famille de Rohan se porta acquéreur du terrain au début du XIXème siècle, avant qu’un château de style néoclassique, inspiré du Petit Trianon de Versailles, ne soit érigé à la demande de la famille Revenaz-Pastré.

Le bâtiment et son parc de 9 hectares, sont désormais et depuis 1949, la propriété de la Sécurité sociale, qui en a fait un centre de réadaptation professionnelle.

Le château du Mousseau

Louise-Renée de Kéroual, châtelaine du Mousseau, fut une ambassadrice de charme. En effet, en tant que fille d’honneur de la duchesse d’Orléans, Henriette d’Angleterre, elle eut  l’occasion de séjourner à la cour d’Angleterre, alors même que les relations politico-économiques franco-anglaises étaient particulièrement tendues. Rapidement, elle devint la maitresse du roi. Cette relation intime lui valut d’ailleurs les titres de comtesse de Farneham, baronne de Petersfield et duchesse de Pendennis.

Son retour en France fut cependant marqué du sceau de la dette. Mais se rappelant des bons et loyaux services rendus, Louis XIV, reconnaissant, mis fin à toutes les poursuites judiciaires dont elle faisait l’objet.

Les familles nobles de Cossé-Brissac, de Maupeou et de Noailles occupèrent les lieux par la suite, avant la destruction du château en 1860.

Aujourd’hui, seule demeure la statue d’Atlas portant le monde sur ses épaules, autrefois pièce ornant le parc, et qui a donné au quartier dit du « bonhomme en pierre » son appellation.

Le château des Tourelles

Au sein du parc des Tourelles, d’une superficie de 11 hectares, figurait l’ancien château de la Folie Barbot qui finit par être détruit à la demande même du propriétaire. Puis, en 1862, un nouveau château, style renaissance, sortit de terre. Il fut la propriété des Decauville, ainsi que des Pastré.

Incendié par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, ne subsiste à nos jours que le parc, reboisé, et dont la visite est une des étapes du programme de la Journée du Patrimoine.

Le château Bataille

Un programme immobilier haut de gamme a été mis au point afin que ce château fortement endommagé, puisse être rénové. La restauration consiste à créer 16 logements : 4 studios de 30 m2, 8 T2 de 40 m2 et 4 T3 de 70 m2. Le parc, qui sera prochainement rouvert au public, fait actuellement l’objet d’un réaménagement.

Le château de Neubourg

Edifiée en 1674, cette bâtisse, possession du vicomte Jean-Baptiste Primi Visconti de Rosa, fut rasée en 1775 sur demande du marquis de Raies, le nouvel acquéreur.

Le château était établi sur la place dénommée « Rond point du château » (actuelle place du Général De Gaulle) et son domaine s’étendait de la Nationale 7 à la Seine.

Le château la Grange Feu Louis

La Chambre de commerce et d’industrie de l’Essonne est aujourd’hui propriétaire de ce château élevé en 1830.

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