A la découverte de la cuisine du Nord de la France avec Anita Godin.
« Encore une tchiote jatte ma chérie ?(*) », demande la grand-mère Rosalie réveillée de bon matin par toute sa famille venue lui souhaiter une bonne année. Une bonne odeur de café flotte dans la cuisine, des gaufres sont disposées dans une boîte en fer. Il est 6h du matin et la famille d’Anita Godin, qui rentre du bal, a fait un détour pour aller embrasser sa mamie avant d’aller se coucher. « Chez nous, ce sont les plus jeunes qui se déplacent pour aller saluer les anciens », explique Anita, rêveuse à l’évocation de ses souvenirs. « Nous offrons toujours des gaufres pour la nouvelle année, avec aussi des tartes au sucre et au flan. Durant toute la semaine, nous rendons visite aux plus âgés, nous appelons cela étrenner. » Anita est née à Henin Liétard, un bourg de 25 000 âmes où se trouvait le plus grand marché de chevaux de la région. Au fond du jardin familial, où elle a grandi avec son frère et sa soeur, un terril (montagne de charbon) se dressait en témoignage des mines où son grand-père s’est échiné comme beaucoup de Polonais.
Une enfance heureuse et dynamique
« Je voyage beaucoup depuis que je suis adulte et je tiens cela de mon père ! », lance Anita dont la déco intérieure témoigne coquettement de ses destinations. « Maman était couturière à domicile et elle m’a transmis sa passion. Papa est d’origine hongroise, il travaillait dans la métallurgie et faisait des pièces pour les wagons. Nous avions de la chance car nous partions en vacances tous les ans. Nous allions camper dans le sud de la France. Et, comme papa avait la bougeotte, tous les week-ends on allait à la mer qui se trouvait à 1h de notre domicile, sur la côte d’Opale. Je me souviens de l’odeur d’iode et du paysage avec ses plages, ses dunes et ses falaises. Nous montions la tente, même à Pâques, et lorsque nous allions chez ma grand-mère, on gambadait dans les champs qui entouraient sa maison. La vie était simple et proche de la nature. »
Anita fonde une famille
Après l’obtention de son CAP de mécanicienne en confection, Anita est l’une des rares jeunes filles qui passe son permis de conduire durant les grèves de 1968. Elle démarre sa vie d’adulte. « J’ai rencontré Jean Luc au bal », raconte t’elle le sourire aux lèvres. « Je me souviens que c’était le jour du décès du Général de Gaulle, le bal avait du être annulé. Nous nous sommes mariés en 1973 et j’ai suivi mon mari qui était facteur à Morsang. J’ai trouvé un emploi dans la couture où j’étais très fière de confectionner les tenues des speakerines que nous voyions à la télé. La maison a fermé et j’ai été licenciée. Comme le secteur de la couture était en déclin, je suis rentrée à la Poste. Nous avons acheté un appartement à Evry, au Dragon, en 1978. A cette époque, nous travaillions dans un préfabriqué derrière la Préfecture, puis à la recette principale en février 1982. Mon fils Nicolas est né en 1980 et nous avons déménagé au Bois Guillaume en 1990. »
Des mains de fée
Pour occuper ses loisirs, Anita ne manque pas d’idées. De la laine, un bout de ficelle, un peu de peinture, de la feutrine et elle bricole, rafistole, décore, tricote, customise… « J’adore les travaux manuels ! », lance t-elle. « Je fais des rideaux, des petits sacs ou encore des poupées que j’offre à mes amis. Je redonne un coup de jeune à mes meubles et j’améliore la déco de ma maison. Côté sport, je fais de la gym volontaire à l’ASE depuis au moins 15 ans. Sinon, j’aime aussi me détendre en lisant des auteurs du Nord qui sont chers à mon cœur avec, pas bien loin, un peu de café et des gaufres ! »
(*) : Encore une petite tasse de café ? (on utilise des petites jattes sans anse dans le nord)
Mélanger la farine, le beurre ramolli, le sel, le sucre. Faire un puit et y ajouter les œufs et le rhum. Bien battre à la main. Confectioner des rouleaux et couper des morceaux de 3cm environ. Les cuire dans un gaufrier quelques minutes, puis les laisser refroidir sur un plat. Ces gaufres se gardent facilement dans une boîte en fer.
Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d'un droit d'accès à ces informations et, le cas échéant, du droit de rectification, ainsi que d'un droit d'opposition à leur conservation. Si vous souhaitez exercer ce droit, il vous suffit de nous contacter à l'adresse : Hotel de Ville EVRY - Place des droits de l'homme et du citoyen 91000 Evry. Conformément à la loi n° 78 -17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, le présent site a fait l'objet d'une déclaration à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).