Histoire, patrimoine et architecture

Depuis les années 1970, Évry est un véritable laboratoire d’urbanisme, fruit d’utopies architecturales, faisant référence à l’échelle internationale… Le moderne et l’ancien se côtoient désormais dans un espace harmonieux  qui ne cesse de se renouveler. L’Histoire d’Évry est gravée dans la pierre. Partez donc à la découverte de son patrimoine ! 

Évry en chiffres

Géographie : Région : Ile-de-France / Département : Essonne (ville préfecture) / Cantons : Évry Nord et Évry Sud (chef-lieu) / Communauté d’agglomération Grand Paris Sud

Quartiers : Aunettes, Aguado, Bois Sauvage, Bois Guillaume, Bras de Fer, Champtier du Coq, Champs Elysées, Epinettes, Quartier de l’Hôtel de Ville, Mousseau, Parc aux Lièvres, Pyramides, Village.

Maire : Francis Chouat

Population : 52 651 habitants

Superficie : 858 hectares (8,58 km²)

Densité : 6 339 hab/km²

Moyenne d’âge : 28 ans

Environnement : 220 hectares d’espaces verts

 

1880-1956 : Évry Petit-Bourg

 

En 1880, sur le territoire de la commune d’Évry, qui comptait alors 833 hectares et moins de 1000 habitants, il était d’usage de distinguer deux seigneuries : Grand-Bourg d’une part et Petit-Bourg de l’autre. Ces appellations provenaient de « Bout-le-Grand » ou « Grand-Bout » et de « Petit-Bout ».

Le château de Petit-Bourg

Avant la dernière guerre, la commune arborait fièrement des châteaux, dont celui de Petit-Bourg. Vendue plusieurs fois depuis 1798, la demeure princière fut construite par Madame de Montespan sur le domaine que lui avait offert le Roi Soleil. Elle légua ensuite ce domaine à son fils, le Duc d’Antin. Après le passage de plusieurs propriétaires, le château sera occupé puis incendié par les Allemands en 1944, juste avant la libération de notre ville par l’armée du Général Patton. Le château sera ensuite rasé et un immeuble (12 étages et 14 cages d’escaliers) y sera construit dans les années 50.

La révolution industrielle à Petit-Bourg : les carrières

A la faveur d’un sol argileux ou sableux, et du fait d’une présence abondante en bords de Seine de la « pierre meulière » (employée en maçonnerie), les carrières d’Évry-Petit-Bourg se développèrent. Une population très pauvre y travaillait et y vivait de façon précaire, dans des cabanes en terre dépourvues d’eau courante. L’activité de ces terrassiers est à l’origine d’une bonne part des villas construites en « meulière » dans la banlieue sud.

Sources de pollution, les carrières durent fermer, alors que débutait la véritable aventure industrielle avec la famille Decauville, qui connut une extraordinaire réussite de 1860 à 1960.

Decauville

La révolution industrielle du XIXe siècle a bouleversé la vie des Évryens. Amand Decauville, installé comme cultivateur à la ferme de Petit-Bourg depuis 1850, sur près de 700 hectares, produisait des betteraves et du blé en grosses quantités. Face aux problèmes d’évacuation et de transport, il créa une importante distillerie de betteraves, fabriqua le matériel nécessaire et fournit la quasi-totalité des distilleries de l’Ile-de-France ! La première usine d’Évry, un atelier de chaudronnerie, prit le nom « d’Ateliers de Petit-Bourg ».

A la mort d’Amand en 1871, son fils Paul (1846-1922) prit la succession. L’établissement compte 700 employés lorsqu’il est transféré à Corbeil en 1884 et un millier en 1900. C’est Paul Decauville qui fit changer le nom de la gare et de la poste d’Évry-sur-Seine en Évry-Petit-Bourg.

Soucieux de réduire les coûts d’exploitation de l’activité agricole, il construisit en quelques jours des éléments de deux mètres cinquante de long avec des barres de fer et fit fabriquer des chariots pour transporter une récolte fantastique de 9000 tonnes de betteraves. Des centaines de mètres de voies étaient ainsi déplacées deux ou trois fois par jour. Le produit évolua considérablement et, en 1889, le monde découvrit la Tour Eiffel et le chemin de fer portatif. Rapidement, les produits Decauville (équipements de voies, voitures, locomotives, wagons de 1ère à la 3ème classe…) furent adoptés par le monde entier. Decauville mena également une politique sociale novatrice : logements, coopérative, garanties pour les accidents de travail…

1965-2000 : la Ville Nouvelle

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Construction de la Ville Nouvelle

 

La Ville Nouvelle fut une aventure urbaine… Le 20 mai 1965, la création de la Ville Nouvelle est décidée pour « désengorger » Paris et offrir aux habitants des équipements publics et des emplois proches, afin d’éviter les « banlieues dortoirs ». Cinq villes nouvelles et sept nouveaux départements sont créés, dont Évry.

Les dates essentielles :

Le 12 avril 1969 : création de la Ville Nouvelle qui devient Évry « tout court »!

1971 : inauguration de la Préfecture d’Évry (architecte Lagneau) par Monsieur Georges Pompidou, Président de la République

1972 : arrivée des premiers habitants au Parc aux Lièvres et au Champtier du Coq

1974 : naissance du quartier des Champs Elysées et d’Aguado suivis de celui des Pyramides

19 mars 1975 : inauguration de l’Agora et du centre commercial. Des manifestations de plus d’une semaine accueillirent près de 40000 visiteurs. En décembre 1975, c’est l’inauguration des stations SNCF d’Évry Courcouronnes et du Bras de Fer.

1978 : ouverture des Passages, premier quartier au centre de la Ville Nouvelle et qui regroupe également le foyer international d’accueil et de promotion (le FIAP), des commerces, des artisans, des artistes, l’université et des bureaux

1979-1980 : création d’un nouveau quartier piétons aux Épinettes avec un centre commercial, une maison de quartier, des écoles maternelles et primaires, un centre de santé, une halte-garderie puis un collège

1981-1982 : construction des Aunettes, quartier commerçant avec trois groupes scolaires et une maison de quartier

Novembre 1982 : ouverture de l’Hôpital Louise Michel, inauguré par le Ministre de la Santé de l’époque : Jacques Ralite

1990 : création d’une Université à proximité de la gare d’Évry-Courcouronnes et du Centre Ville. Ce premier bâtiment fut visité par François Mitterrand, Président de la République en septembre 91

28 septembre 1991: inauguration par François Mitterrand de l’Hôtel de Ville et de la Place des Droits de l’Homme et du Citoyen.

La construction

 

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Construction de la Ville Nouvelle

L’architecture d’Évry est inédite. La Ville nouvelle est sortie de terre au début des années 1970 dans un climat de réelle utopie… Tout était à inventer et la part belle fut laissée tant aux urbanistes qu’aux architectes. Lorsque toutes les villes nouvelles de la région « parisienne » sont apparues à cette période, sur des terres totalement vierges, la plupart du temps soustraites aux activités rurales traditionnelles, la voie est alors libre pour concevoir et mettre en oeuvre ce qui sera le paysage urbain précurseur de la fin du XXème siècle. Dans la droite ligne de ce qui constitue alors la Charte d’Athènes, aboutissement en 1933 du Congrès International d’Architecture Moderne placé sous l’égide de Le Corbusier, et qui oeuvra sur la construction et la planification des villes, l’avenir semble radieux pour tous ceux qui, après les années de reconstruction incontournables de l’après-guerre, vont vouloir se tourner vers un urbanisme novateur.

Seule contrainte imposée : en finir avec la monotonie des tours et des barres des Z.U.P. qui s’était imposée de façon drastique, nécessité aidant, pour juguler tout à la fois le phénomène du baby-boom et celui du confort minimal que suscitaient les Trente Glorieuses.

 

 

Laboratoire urbain

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Construction de la Ville Nouvelle

Ainsi, Évry n’échappe pas à la règle et va devenir, dès la fin des années 1960, un véritable laboratoire d’urbanisme qui peut laisser à penser, en la sillonnant à pied, que nous parcourons un véritable musée des grandes tendances architecturales de la 2nde moitié du XXème siècle où se sont illustrés les plus grands noms de l’architecture internationale: Lagnel, Andrault et Parat, Chemetov, Sarfati, Macary, Riboulet, Botta…et la liste est loin d’être close, furent ici des constructeurs inspirés dont le travail mérite une attention toute particulière.

La conception même des quartiers est le fruit de l’histoire: urbanisme sur dalle du Parc aux Lièvres et des Pyramides d’Évry 1 ; cheminements piétonniers du Champtier du Coq et des Epinettes ; pluralité des types d’habitat du quartier des Aunettes ; conception monumentale du nouveau centre ville autour de la Place des Droits de l’Homme et du Citoyen ; sans oublier la structuration volontairement repliée sur elle-même de la Place de l’Agora et de ses multiples équipements ou bien encore les galeries du Centre Commercial Régional d’Évry 2, héritées d’un temps où l’on ne jurait que par l’influence venue d’outre-atlantique.

Aujourd’hui, Évry se rénove. Au terme de 40 années d’existence, certains quartiers ont tristement vieilli et doivent retrouver un nouvel élan: c’est le cas pour les opérations menées dans le cadre de la rénovation urbaine pour les quartiers des Pyramides et du Bois Sauvage. D’autres font l’objet des tous derniers aménagements et les grues renaissent dans le centre-ville. La dynamique est donc toujours réelle et c’est dans une sorte de continuum qu’Évry s’enrichit chaque année de nouveaux bâtiments aux fonctions multiples et variées. Tous constituent notre cadre de vie. il est exceptionnellement riche en histoire, mais aussi prometteur d’avenir. Ne serait-il pas dommage de ne pas ouvrir les yeux sur ce legs exceptionnel et sur son histoire? En somme, une belle invitation au voyage pour mieux comprendre l’urbanisme des 40 dernières années.

 

Urbanisme - centre-ville

 

La vie de châteaux

Si Évry nous était contée, l’histoire débuterait au site antique du village d’Eburiacos. Depuis lors, la ville n’a cessé de se transformer pour se dessiner sous les traits de la capitale de l’Essonne que nous connaissons. Évry s’est peu à peu façonnée sous l’influence de celles et ceux qui y ont élu résidence, telles les familles anoblies qui, lasses des fastes de la vie parisienne, y ont fait édifier de belles demeures en vue de profiter de l’air de la campagne.

 

Grand Bourg

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Village

Ce château au parc somptueux, dont on peu encore admirer les arbres centenaires, a longtemps appartenu à Alexis Revenaz. Ce riche banquier et armateur d’origine savoyarde, décida de s’en séparer et de l’offrir en mémoire de son épouse décédée, Mathilde Pastré, au Père Ratisbonne. Il émit alors le souhait en guise d’œuvre de bienfaisance que des religieuses y ouvrent un pensionnat et une école gratuite pour les enfants du village.

Théodore Ratisbonne, issu d’une famille juive mais converti au catholicisme, était justement à la recherche d’une maison pour les âmes qui, comme la sienne, se tournaient vers la foi chrétienne. Il saisit donc cette opportunité pour mener un bien son projet et c’est ainsi que la communauté des sœurs de Notre-Dame de Sion vit le jour.

Si la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise de 1905 les priva de leur droit d’enseigner, il n’en demeure pas moins que l’établissement scolaire existe toujours et compte aujourd’hui près de 1550 élèves.

Petit-Bourg

Ce site de prestige, remarquable de part son parc orné de vasques et de statues lui conférant un air de panthéon de marbre gréco-romain, a accueilli les familles nobles en mal de sites champêtres.

Conçu par l’architecte Jean-Michel Chevotet et achevé en 1646, il fut notamment la propriété de la marquise de Montespan, favorite du Roi Soleil, ou encore de son fils le duc d’Antin, qui y reçut Pierre Le Grand, Tsar de Russie.

Les monarques Louis XIV et Louis XV avaient pris pour habitude de s’y arrêter avant d’aller chasser en forêt de Sénart. La duchesse de Bourbon, née Bathilde d’Orléans, et son fils le duc d’Enghien y séjournèrent également ; cette dernière appréciant particulièrement de pouvoir se livrer à la méditation dans un lieu propice à la spiritualité.

Enfin, le riche banquier espagnol Alexandre Aguado qui fut également élu maire de la ville, acquit à son tour le Petit-Bourg en 1827. Le projet de construction de la voie de chemin de fer qui devait couper son accès à la Seine, lui fit renoncer à cette demeure qu’il affectionnait pourtant en 1840.

Des vestiges peuvent encore être aperçus au cours d’une balade dans l’enceinte du parc du Petit-Bourg.

Beauvoir

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Château

La famille de Rohan se porta acquéreur du terrain au début du XIXème siècle, avant qu’un château de style néoclassique, inspiré du Petit Trianon de Versailles, ne soit érigé à la demande de la famille Revenaz-Pastré.

Le bâtiment et son parc de 9 hectares, sont désormais et depuis 1949, la propriété de la Sécurité sociale, qui en a fait un centre de réadaptation professionnelle.

Le Mousseau

Louise-Renée de Kéroual, châtelaine du Mousseau, fut une ambassadrice de charme. En effet, en tant que fille d’honneur de la duchesse d’Orléans, Henriette d’Angleterre, elle eut  l’occasion de séjourner à la cour d’Angleterre, alors même que les relations politico-économiques franco-anglaises étaient particulièrement tendues. Rapidement, elle devint la maitresse du roi. Cette relation intime lui valut d’ailleurs les titres de comtesse de Farneham, baronne de Petersfield et duchesse de Pendennis. Son retour en France fut cependant marqué du sceau de la dette. Mais se rappelant des bons et loyaux services rendus, Louis XIV, reconnaissant, mis fin à toutes les poursuites judiciaires dont elle faisait l’objet. Les familles nobles de Cossé-Brissac, de Maupeou et de Noailles occupèrent les lieux par la suite, avant la destruction du château en 1860. Aujourd’hui, seule demeure la statue d’Atlas portant le monde sur ses épaules, autrefois pièce ornant le parc, et qui a donné au quartier dit du « bonhomme en pierre » son appellation.

Les Tourelles

Au sein du parc des Tourelles, d’une superficie de 11 hectares, figurait l’ancien château de la Folie Barbot qui finit par être détruit à la demande même du propriétaire. Puis, en 1862, un nouveau château, style renaissance, sortit de terre. Il fut la propriété des Decauville, ainsi que des Pastré. Incendié par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, ne subsiste à nos jours que le parc, reboisé, et dont la visite est une des étapes du programme de la Journée du Patrimoine.

Bataille

Urbanisme - Patrimoine - Histoire - Château bataille

Un programme immobilier haut de gamme a été mis au point afin que ce château fortement endommagé, puisse être rénové. La restauration a permis de créer 16 logements. Le parc, ouvert au public, a fait l’objet d’un réaménagement.

Neubourg

Édifiée en 1674, cette bâtisse, possession du vicomte Jean-Baptiste Primi Visconti de Rosa, fut rasée en 1775 sur demande du marquis de Raies, le nouvel acquéreur.

Le château était établi sur la place dénommée « Rond point du château » (actuelle place du Général De Gaulle) et son domaine s’étendait de la Nationale 7 à la Seine.

La Grange Feu-Louis

La Chambre de commerce et d’industrie de l’Essonne est aujourd’hui propriétaire de ce château élevé en 1830.