Citoyens et opérationnels

Depuis les attentats de Nice du 14 juillet 2016, ils sont des milliers de Français à envoyer leur dossier de candidature pour s’engager dans la réserve opérationnelle. À la gendarmerie d’Évry, de nouveaux réservistes tout juste sortis de formation arrivent régulièrement. Une expérience très enrichissante et un nouveau souffle pour les gendarmes professionnels. Rencontre !

Jusqu’à 60 appels par jour pour des demandes de renseignements ! Quelques semaines après l’attentat de Nice le 14 juillet et l’appel lancé par le Président de la République, François Hollande, à Saint-Astier en Dordogne le 20 juillet 2016, les responsables de gendarmerie de l’Essonne ont rapidement été submergés de demandes d’engagement dans la réserve opérationnelle.

 

Tri et sélection des dossiers, mise en place d’une nouvelle formation, organisation des plannings et des équipes… À la gendarmerie d’Évry, cet engouement a nécessité une organisation spécifique comme nous l’explique le Lieutenant-colonel Frédéric Dupont, chargé de la supervision de la réserve.

« Nous sommes toujours agréablement surpris d’un tel engouement mais au vu du contexte actuel sur le terrain, ces réservistes apportent un soutien supplémentaire non négligeable. »

Lieutenant-colonel Frédéric Dupont – Superviseur de la réserve

 

90 nouveaux réservistes

Ils sont étudiants, entrepreneurs, salariés et souvent jeunes… Trois mois après les attentats, au sein de la gendarmerie d’Évry, environ 90 nouveaux réservistes cohabitent désormais aux côtés des professionnels. Gaël, parisien de 28 ans, directeur logistique dans le civil, Coralie, 25 ans, étudiante dans le domaine de la chimie et Maxime, 27 ans, pompier professionnel, tous les deux essonniens, font partie de ces citoyens déterminés qui ont été retenus. Désormais engagés, ils ont signé un contrat d’un an renouvelable sur trois ans et son rémunérés selon leur grade : de 60 euros la vacation pour le grade de gendarme à 120 euros pour le grade de major.

« Ces réservistes aux profils très variés apportent des savoirs-faire et une expertise de la vie civile qui est très appréciée dans nos services. »

Colonel Rémi Carpentier – Conseiller réserve

 

Mais ces réservistes ne sont pas là pour l’argent. Leur motivation commune : l’engagement citoyen au service du pays. Une certaine forme de discipline aussi pour ces jeunes qui n’ont pas connu le service militaire. Mais il y a aussi bien d’autres raisons. Pour certains c’est la concrétisation d’une réflexion plus ancienne de s’engager dans la gendarmerie comme Gaël, pour d’autres comme Maxime, c’est la volonté de parfaire une formation de militaire déjà bien avancée de par sa formation initiale. A chacun son explication selon son passé et son profil dans la vie civile.

« Je souhaitais poursuivre mes études en chimie et mon travail en laboratoire tout en donnant de mon temps libre avec un travail sur le terrain en gendarmerie. »

Coralie Luchini – Adjointe de réserve depuis le 27 avril 2015 – Doctorante en chimie

 

  • De gauche à droite : Colonel Rémi Carpentier, conseiller réserve ; Lieutenant-colonel Frédéric Dupont, superviseur de la réserve ; Maxime Perchey, Adjoint de réserve ; Coralie Luchini, Adjoint de réserve, Gaël Loric, Adjoint de réserve, Maréchal Chef Jean-Yves Boutron, gestionnaire réserve.

  • De gauche à droite : Gaël Loric, Adjoint de réserve ; Coralie Luchini, Adjoint de réserve ; Maxime Perchey, Adjoint de réserve.

 

Prêts à agir

Comme tous les autres réservistes de l’Essonne, ils ont reçu une formation d’environ un mois au sein du camp de Beynes dans les Yvelines. C’est là qu’ils ont appris des bases théoriques et pratiques avec notamment le maniement des armes.

 » J’ai découvert un milieu totalement différent de la vie civile. C’est une formation extrêmement intéressante et enrichissante. L’objectif c’est d’être au point sur plusieurs types d’interventions. »

Gaël Loric 28 ans – Adjoint de réserve depuis juillet 2016 – Travaille dans la logistique dans le civil

 

Après ce passage obligé en formation, ces nouveaux gendarmes sont prêts à agir. En semaine ou le week-end, de jour comme de nuit, en fonction des emplois du temps de chacun. Dans l’intérêt des réservistes et des responsables de la réserve, il s’agit de préserver l’équilibre vie privée, vie professionnelle.

Sur le terrain, les missions sont très variées : sécurité routière, surveillance de bâtiments mais ils peuvent aussi apporter un renfort très utile en fonction de leurs compétences dans des services tels que l’informatique. Au quotidien, ils apportent un regard neuf et un nouveau souffle aux équipes de gendarmes professionnels. Un seul objectif : faire cohabiter au mieux ces brigades mixtes pour faciliter le travail et les interventions.

 » Il y a un temps d’adaptation pour ces réservistes. Mais on leur fait confiance et on sait que le travail sera effectué. »

Maréchal Jean-Yves Boutron – Gestionnaire réserve

 

Faire face

Malgré leurs acquis théoriques, les réservistes doivent parfois faire face à des situations complexes auxquelles ils ne sont pas habitués dans la vie civile. Maxime, 27 ans, adjoint de réserve depuis le 1er août 2016 et pompier professionnel, a vécu ce genre de situation. Il y a quelques temps, il a dû mettre fin à une bagarre.

 

Si Gaël, Coralie et Maxime ne se destinent pas à priori à une carrière de gendarme, cette expérience aura tout même transformé leur vie et leur manière de voir le métier de gendarme. Autre bon point, ils sont parvenus à susciter des vocations dans leur entourage. D’autres de leurs collègues réservistes sont allés plus loin en passant le concours. Cette année, une vingtaine de réservistes du groupement de l’Essonne sont partis en école de gendarmerie.

 

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