En apesanteur !

Flotter dans les airs comme un astronaute dans l’espace ! Un rêve devenu réalité, le 5 octobre dernier, pour quatre étudiants de l’école d’ingénieurs Télécom SudParis. Récit d’une expérience scientifique exceptionnelle à l’occasion de la Fête de la Science.

Durant quelques heures, ils sont devenus de vrais astronautes ! Quelques jours après leur expérience, Adrien, Natan, Roman et Claire, n’en reviennent toujours pas et ont toujours du mal à toucher terre. Le 5 octobre dernier, à Bordeaux, ces quatre étudiants de l’école d’ingénieurs Télécom SudParis, accompagnés de chercheurs du Centre national d’études spatiales (Cnes), ont pris place à bord d’un avion un peu spécial, l’Airbus A310 Zero-G, pour un vol dit « parabolique » qui permet de recréer des situations en apesanteur. Objectif : l’étude physiologique et comportementale de l’impact de cet état physique sur l’homme. Retour avec l’un des membres de l’équipe, Roman, sur cette expérience magique.

 

Roman, étudiant ingénieur Télécom SudParis : « Tout a commencé par un mail… »

Chaque année le Cnes fait appel aux étudiants de toute la France afin de concevoir des expérimentations dans le domaine du spatial. Les gagnants du concours se voient attribués leur place pour ce vol très particulier. Pour Roman, une expérience unique, fruit d’un long et dur travail : « C’est un concours national avec une longue phase de sélection qui dure de novembre 2015 à janvier 2016. Chaque groupe d’étudiants doit déposer un dossier très détaillé pour donner de la crédibilité à son projet. Il y avait à peu près une quinzaine de dossiers concurrents. C’était un travail très intense. Mais après quelques semaines d’attente, nous avons finalement gagné ! »

Prendre place à bord de l’Airbus A310 Zero-G n’est pas de tout repos. Roman et ses trois collègues arrivent une semaine avant le vol du mercredi 5 octobre. Une phase durant laquelle le matériel technique est embarqué dans l’avion et les novices sont préparés à réagir à un vol dans ces conditions. La veille du vol est une journée décisive et stressante pour nos quatre étudiants :  » Ce projet nous a demandé plus d’un an de travail, la veille on a forcément de l’appréhension. Il n’y a qu’un seul vol pour pouvoir réaliser nos expérimentations. Il ne faut pas se louper« .

 

Roman, étudiant ingénieur Télécom SudParis : « On ne sent plus notre corps, c’est très étrange »

Mercredi 5 octobre, jour du vol, seules deux places sont disponibles à bord de l’avion. Après un choix difficile, Roman et Adrien prennent place, un peu stressés. Quelques minutes plus tard, l’avion décolle enfin. Au programme : une trentaine de manœuvres dites « paraboles » d’une durée de 24 secondes, phases durant lesquelles les étudiants effectuent des mesures très précises. « Il faut s’imaginer un avion effectuant une parabole. Vous passez plusieurs fois d’un état à l’autre. Une fois vous êtes collés au sol et juste après vous vous sentez libre« , explique Roman.

 

Une fois cette phase d’apesanteur commencée, l’ensemble de l’équipage flotte littéralement. La moindre poussière vole elle aussi. Un état très étrange, déstabilisant et fatiguant physiquement.

 

Roman, étudiant ingénieur Télécom SudParis : « Le cerveau est totalement déboussolé »

Malgré la fatigue, Roman et Adrien restent concentrés et n’oublient pas leur objectif scientifique : étudier l’impact physiologique de l’apesanteur sur l’homme et le comparer avec celui d’un homme habitué à cet état, comme certains astronautes chevronnés présents ce jour-là à bord du vol. Pour cela, le duo utilise un matériel de circonstances : un casque d’électroencéphalographie pour mesurer l’activité cérébrale, un oxymètre de pouls pour évaluer le taux d’oxygène, des accéléromètres pour tester la mobilité ainsi qu’une tablette graphique pour mesurer le contrôle musculaire.

Après cette expérience, il faudra quelques mois à nos quatre étudiants pour exploiter les résultats. À l’issue de cette phase d’analyse, ils remettront un rapport au Cnes qui pourra l’utiliser dans ses différentes études scientifiques. Si Roman et ses collègues ne se destinent pas forcément à une carrière dans le domaine spatial, une chose est sûre, cette expérience restera gravée dans leur mémoire.

 

Page Facebook Projet Télécom SudParis – Cnes Parabole 2016

 

 

  • Le Zero-G est le plus grand avion au monde dédié à ce type de recherche, le programme français de vols paraboliques a débuté en 1989 et a fait voler plus de 4500 chercheurs dans plus de 150 vols.

  • Le matériel de mesures scientifiques embarqué à bord du vol.

  • Les membres de l'équipe du projet. De gauche à droite : Natan, Roman, Adrien et Claire.

  • Intérieur de l'avion.